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AU-DELA DE LA NÉVROSE DE TRANSFERT

Erik PORGE

 

 

                  Le terme« névrose de transfert » apparaît la première fois, chez Freud, dans son article« Le début du traitement »1, en 1913. La notion de transfert, dans la cure, est cependant introduite dès 1895 dans Les études sur l'hystérie, pour désigner un mode particulier de résistance en rapport avec la relation du malade au praticien. Freud compte trois cas où celle-ci fait obstacle à la découverte de l'idée pathogène :« à cause d'un grief personnel »,« quand la malade est saisie d'une crainte de trop s'attacher à son médecin» et enfin en cas de« faux nouage », ou« mésalliance » quand le malade reporte sur la personne du médecin les représentations pénibles nées du contenu de l'analyse. C'est à propos de ce dernier cas que le mot« transfert » vient sous la plume de Freud, mais il concerne aussi les autres cas2. Par la suite le terme« transfert » pourra désigner, comme dans l'Interprétation des rêves, les déplacements des pensées inconscientes du rêve sur les restes diurnes et être utilisé au singulier ou au pluriel. Très rapidement il en vient à ne signifier que les déplacements qui se produisent pendant la cure sur la personne de l'analyste et l'observation de Dora est pour Freud l'occasion de préciser sa conception.
                  Les symptômes ne disparaissent pas pendant le travail, mais quelques temps après, lorsque les rapports avec le médecin sont rompus. Le retard apporté à la guérison ou à l'amélioration n'est en réalité dû qu'à la personne du médecin. [...] On peut dire que généralement la production de nouveaux symptômes cesse pendant la cure psychanalytique. Mais la productivité de la névrose n'est nullement éteinte, elle s'exerce en créant des formations de pensées (Gedankenbildungen) particulières, pour la plupart inconscientes, auxquelles on peut donner le nom de transferts. Que sont ces transferts ? Ce sont de nouvelles éditions, des copies (Nachbildungen) des tendances (Regungen) et des fantasmes qui doivent être éveillés et rendus conscients par les progrès de l'analyse et dont le trait caractéristique est de remplacer une personne antérieurement connue par la personne du médecin3 » Il peut s'agir de rééditions stéréotypées ou bien d'éditions revues et corrigées qui s'étayent sur des particularités du médecin. Ainsi Dora, dit Freud, a mis en action (agierte) dans la cure une importante partie de ses souvenirs et de ses fantasmes.« La cure analytique ne crée pas le transfert, elle ne fait que le démasquer comme les autres phénomènes psychiques cachés. Ce qui différencie les autres cures de la psychanalyse ne se manifeste qu'en ceci : le malade, au cours des traitements, ne fait spontanément appel qu'à des transferts affectueux et amicaux en faveur de sa guérison ; là où c'est impossible, il se détache aussi vite que possible du médecin qui ne lui est pas "sympathique" et sans s'être laissé influencer par lui. Dans le traitement psychanalytique par contre, et ceci en rapport avec une autre motivation, toutes les tendances, même les tendances hostiles, doivent être réveillées, utilisées pour l'analyse en étant rendues conscientes ; ainsi se détruit sans cesse à nouveau le transfert. Le transfert, destiné à être le plus grand obstacle à la psychanalyse, devient son plus puissant auxiliaire, si l'on réussit à le deviner chaque fois et à en traduire le sens au malade.4 »
                  Ce texte est particulièrement éclairant pour une discussion sur la notion de transfert, nous y reviendrons, et il pose, dès 1905, les bases de ce que Freud appellera« névrose de transfert » (Übertragungsneurose).
                  Il convient, pour commencer, de situer les contextes historique, éditorial, thématique dans lesquels survient cette expression afin de mieux cerner sa signification et la valeur nouvelle qu'elle donne au transfert.
                  Contexte historique et doctrinal                   L'expression« névrose de transfert » apparaît à l'aube de la première guerre mondiale. C'est une guerre à laquelle Freud n'a pas voulu croire et qui va lui procurer une« désillusion », celle de la révélation de la faible moralité des états et de la brutalité du comportement des individus5. Les deux périodes précédant la guerre ont été subjectivement marquantes pour Freud comme en témoignent les deux dates, 1914 et 1939, qui ponctuent ses travaux sur Moïse6. Entre 1912 et 1915, Freud s'est aussi montré particulièrement fécond en textes qui touchent aux fondements de la psychanalyse : Totem et tabou (1912), Introduction au narcissisme (1914), Sur l'histoire du mouvement analytique (1914), Pulsions et leurs destins, L'inconscient, Le refoulement (1915).
                  Cette période charnière, si l'on peut dire, correspond à celle de la rupture avec Jung7 et donc aux rectifications doctrinales auxquelles Freud dut procéder. Comme nous allons le voir, l'interprétation de la différence entre les névroses de transfert et la schizophrénie est au cœur du différend qui oppose les deux hommes.
                  Le terme névrose de transfert (Übertragungsneurose) provient de Jung et on le trouve écrit pour la première fois dans la deuxième partie de Wandlungen und Symbole der Libido (Métamorphoses et symboles de la libido) publié en 1912 dans le Jahrbuch für psychoanal. u. Psychopathol. Forschungen, vol. IV. Il prend sa place dans les recherches cliniques et théoriques qui circulent à cette époque entre Freud, Jung, Abraham, Ferenczi, axées sur la schizophrénie, du fait essentiellement de Jung qui travaille au Burghölzli, à Zurich, dans le service de Bleuler, et menées avec intensité et enthousiasme. Ce qui était en jeu, pour Jung, c'était la validité de l'application de la théorie sexuelle de Freud à la théorie et au traitement de la schizophrénie. Il considérait que cette théorie devait être remaniée pour être« transférée » à la démence précoce. Par la suite, en opposant les névroses de transfert et la schizophrénie, Freud a fait de la possibilité du transfert un critère de distinction entre ces deux catégories, alors qu'au départ il s'agissait surtout d'un débat qui visait à intégrer la schizophrénie dans la thérapeutique analytique.
                  Retraçons la chronologie des publications qui ont mené à l'introduction du terme« névrose de transfert ».
                  D'abord, paraît le livre de C.G. Jung, De la psychologie de la démence précoce, en 1907. Cet ouvrage est consacré à la psychologie de la Dementia praecox (la schizophrénie n'était pas encore née) à travers la méthode des associations verbales mettant en évidence le complexe émotionnel nucléaire, sorte de« molécule ». Tout en se référant à Freud, Jung reconnaît déjà que ce complexe« se situe peut-être au-delà des limites des vues de Freud ». Chaque association appartient à un complexe.
                  Jung consacre un chapitre à faire le parallèle entre la démence précoce et l'hystérie pour montrer ce qu'elles ont en commun et ce qui les sépare. Il s'agit selon lui d'intégrer la démence précoce au champ d'investigation ouvert par la psychanalyse, avec de nouveaux moyens. Il rapproche la« belle indifférence » des hystériques de l'indifférence émotionnelle des déments précoces, l'explosion des affects, le manque de contrôle de soi et de rapport affectif dans l'un et l'autre cas, pour conclure qu'à chaque fois on retrouve des complexes mais que si dans l'hystérie il est clair qu'il existe une relation causale, la question demeure de savoir si dans la démence précoce il ne faut pas faire intervenir en plus un facteur X, telle qu'une toxine.
                  Dans cet article qui pose les bases d'une comparaison entre hystérie et démence précoce, selon des méthodes et des références qui ne sont pas strictement freudiennes, Jung ne parle cependant pas de névrose de transfert.
                  L'accent sur le transfert va curieusement être mis par Abraham dans son article« Les différences psychosexuelles entre l'hystérie et la démence précoce » publié dans le Zentralblatt f. Nervenheilk., 1908, cahier 2. Il se référe au livre précédent de Jung mais surtout fait état de conversations sur ce sujet avec Freud :« Je dois d'avoir entrepris ce travail, qui va plus loin que les conceptions de Freud publiées jusqu'alors, aux communications écrites et orales de M. le Professeur Freud ; certains aspects se sont confirmés au contact du Professeur Bleuler et du Dr. Jung au cours de mon activité à la Clinique psychiatrique de Zürich. »8 Abraham s'autorise de conversations privées avec Freud mais reconnaît qu'il peut aussi s'en écarter. De fait, Abraham se montre très catégorique - beaucoup plus que Freud - quant à l'absence de transfert dans la démence précoce :« Nous avons ramené tout transfert affectif à la sexualité. Nous arrivons à la conclusion que la démence précoce détruit la capacité de transfert sexuel, d'amour objectal » et :« A l'inverse des hystériques les patients ne sont que faiblement accessibles à l'hypnose. Un essai de psychanalyse nous convaincra de l'absence de transfert ; c'est pourquoi cette méthode n'est pas une thérapeutique de la démence précoce. »9
                  Cet article est décisif pour la conception du transfert comme critère de différenciation entre les dites névroses de transfert et la démence précoce. Le transfert assume ce rôle car il subsume la dimension sexuelle. C'est donc pour Abraham une façon de venir à la rescousse de Freud qui critique Jung de vouloir minimiser la causalité de cette dimension. En effet, ce dernier invoque l'existence supplémentaire d'une énergie psychique non sexuelle, dont il dira qu'elle témoigne d'un inconscient collectif composé de symboles primordiaux communs à l'humanité entière.
                  Selon Abraham, le transfert est avant tout sexuel, il désigne les relations affectives avec les parents d'abord, les autres objets d'amour ensuite. La démence précoce n'échappe pas à la causalité sexuelle, sa particularité tient à ce que le sujet retourne à l'état d'auto-érotisme :« La surestimation sexuelle réfléchie sur le moi, ou auto-érotique, est la source du délire de grandeur de la démence précoce » et :« C'est l'auto-érotisme qui distingue la démence précoce de l'hystérie. Ici le détachement de la libido, là l'investissement excessif de l'objet ; ici la perte de la capacité de sublimer, là une sublimation accrue.10 » On pourrait dire que le dément précoce transfère sur lui-même sa libido d'objet et alors considérer celui-ci comme atteint aussi d'une forme de névrose de transfert. Mais le terme« névrose de transfert » servira précisément à empêcher ce genre d'homogénéisation.
                  Dans Les conflits de l'âme enfantine11, qui paraît en août 1910 dans le Jahrbuch psychoan. psychopath. Forschung, 2, Jung retrace les étapes de l'investigation de sa propre fille, à l'âge de quatre ans, sur la question: d'où viennent les enfants ? Elle détache, selon son père, l'amour de ses parents, objets réels, qui la trompent en ne lui disant pas la vérité. C'est ainsi que commence l'introversion des sentiments. Il s'agit de rêveries qui indiquent« qu'une partie des facultés aimantes s'adressant normalement à un objet réel est introvertie, c'est à dire dirigée au dedans, tournée vers l'intérieur de la personne où elle détermine un redoublement de l'activité imaginative. C'est là, du reste, un processus général et typique. Pour peu que la vie rencontre un obstacle qui s'oppose à l'adaptation de l'individu, que le courant de la libido soit, ainsi, empêché de se porter sur le réel, il y a introversion. Autrement dit l'action exercée sur la réalité est remplacée par un accroissement de l'activité imaginative.12» Par ailleurs, Jung dit que l'introversion tend à devenir névropathique quand elle est prématurée. Freud reprendra à son compte partiellement et temporairement cette notion qui croise celle de névrose de transfert bien que celle-ci ne soit pas encore évoquée dans ce texte. L'introversion est un processus général, qui peut devenir névropathique tant dans le sens de la névrose que dans celui de la psychose.
                  Le terme« névrose de transfert » ne vient donc sous la plume de Jung que dans Métamorphoses et symboles de la libido («Wandlungen und Symbole der Libido»), texte de 409 pages qui paraît en deux parties dans le Jahrbuch volume 3 de 1911 et 4 de 1912. Il sera traduit en français en 1927 puis remanié pour reparaître sous le titre Métamorphoses de l'âme et ses symboles13. Dans cet ouvrage, Jung expose les fondements de sa théorie qui se différencie clairement de celle de Freud. La substitution de l'âme à la libido est déjà présente dans la première version. Dans la première partie Jung distingue deux sortes de penser, celui en mots et celui qui s'apparente à la rêverie où les images succèdent aux images, les sentiments aux sentiments. En note, il se référe aux expériences pathologiques« moins celles qui proviennent du domaine de l'hystérie et de toutes les névroses caractérisées par la prédominance d'une tendance au transfert (überwiegende Übertragungstendenz), que celles provenant du domaine des psychoses ou des névroses d'introversion auxquelles appartiennent la plupart des troubles mentaux et en tout cas le groupe des schizophrénies de Bleuler.14 » Nous n'en sommes pas encore à la névrose de transfert mais à la névrose caractérisée par une tendance au transfert. Le terme névrose d'introversion constitue une façon positive d'envisager la schizophrénie et de l'inclure dans une démarche thérapeutique. Cette terminologie s'oppose explicitement à celle de Kraepelin (et même à celle de Bleuler), la démence précoce, qu'il critique avec virulence. Selon Jung, la prévalence de l'introversion sur la tendance au transfert, caractéristique de l'hystérie, n'implique pas en soi l'absence de transfert dans la psychose, où il peut jouer un rôle compensatoire15.
                  Le mot Übertragungneurose, construit sur le même modèle que Introversionneurose, ne surgit que dans la deuxième partie des Métamorphoses, et encore est-ce entre parenthèses16. L'enjeu pour Jung n'est alors pas tant celui d'une distinction nosographique que celui de déceler la spécificité du mécanisme de la psychose. La réalité, selon lui, n'est pas qu'une fonction sexuelle. Si c'était le cas, dit-il, l'introversion de la libido (sexuelle) seule devrait conduire à la psychose. Or elle ne conduit tout au plus qu'à la névrose, à la« névrose de transfert », mais pas à la démence précoce. On ne peut donc« transférer » la théorie de la libido freudienne à la démence précoce et Abraham s'est trompé. Dans la démence précoce il manque au réel plus que ce que l'on peut attribuer à la sexualité. D'où le recours à une énergie psychique non sexuelle (que Jung reliera aux archétypes) qui est aussi introvertie, retirée de la réalité extérieure. On ne peut ranger la musique dans la catégorie sexualité, dit Jung. Ou alors il faudrait étudier la cathédrale de Cologne dans le cadre de la minéralogie sous prétexte qu'elle est aussi construite avec des pierres. Chez le schizophrène il y a retrait de la réalité qui excède la seule introversion de la libido comme dans l'hystérie. C'est plus que auto-érotique, le schizophrène forge un équivalent de la réalité intrapsychique. A l'opposé, dans les névroses de transfert le refoulement ne porte que sur la libido sexuelle qui s'écarte de la réalité.
                  L'essentiel du propos de Jung tourne autour de l'introversion et de la non exclusivité de la sexualité à rendre compte du déterminisme des psychoses. Il reproche à la théorie freudienne de n'être pas capable d'intégrer dans son champ une explication valable du mécanisme des psychoses. Le terme de névrose de transfert n'est utilisé par lui que discrètement.
                  Contexte éditorial                   Ce contexte est important à considérer car là aussi l'expression« névrose de transfert » apparaît chez Freud dans un mouvement de fondation et d'acte.
                  L'article« Sur le début du traitement » (Zur Einleitung der Behandlung) où l'expression apparaît la première fois, se trouve dans le premier numéro, en 1913, de ce qui devient la revue officielle de l'Association psychanalytique : l'Internationale Zeitschrift für arztliche Psychoanalyse (IZfaP) laquelle deviendra l'Internationale Zeitschrift für Psychoanalyse, laissant tomber le« médical ». Le début (du traitement) est dans le début (de la revue) et contient le début d'une nouvelle notion. Cette revue succède au Zentralblatt für Psychoanalyse où étaient parus, en 1912, trois autres essais de Freud sur la technique psychanalytique, dont le« Sur le début » prend la suite : Die Handhabung der Traumdeutung in der Psychoanalyse (Le maniement de l'interprétation des rêves en psychanalyse), Zur Dynamik der Übertragung (Sur la dynamique du transfert), Rätschläge für den Artz bei der Psychoanalytische Behandlung (Conseils aux médecins pour le traitement psychanalytique).
                  Dans ce premier numéro du Zeitschrift paraît, sous le titre Weitere Rätschlage zur Technik der Psychoanalyse (Conseils supplémentaires sur la technique de la psychanalyse), une suite de trois articles dont« Sur le début » est donc le premier et il est divisé en deux parties. La première paraît dans le premier tome de la revue et la seconde dans le deuxième. Cette deuxième partie porte le titre suivant : Zur Einleitung der Behandlung. Die Frage der ersten Mitteilungen. Die Dynamik der Heilung (Sur le début du traitement. La question des premières communications. La dynamique de la guérison). Ce deuxième titre disparaîtra à partir de 1918 dans la publication des Sammlung kleiner Schriften zur Neurosenlehre, pour ne conserver que Zur Einleitung der Behandlung. Les deux autres articles qui paraissent dans le Zeitschrift sous la rubrique Weitere Rätschläge zur Technik der Psychoanalyse sont : Erinnern, Wiederholen und Durcharbeiten (Se souvenir, répéter et perlaborer, IZfaP, II, 1914) et Bemerkungen über die Übertragungsliebe (Remarques sur l'amour de transfert, IZfaP, III, 1915).
                  Le terme névrose de transfert s'insère donc dans une série de deux fois trois articles sur la technique psychanalytique. A ceux-ci il faut ajouter deux autres textes qui sont des manuscrits que Freud n'a pas publiés. D'abord les Notizen (Notes), suite de notes dont certaines ont été publiées depuis et où on peut lire :« Je continue à oublier trop facilement que tout ce qui est obscur vient du transfert.17 » Ensuite il y a le texte que I. Grubrich-Simitis a retrouvé dans la correspondance de Freud avec Ferenczi, Vue d'ensemble des névroses de transfert18. Ecrit en 1915, il devait compléter la série de ses essais métapsychologiques L'inconscient, Le refoulement ... Freud a donc voulu donner un statut métapsychologique aux névroses de transfert mais il a renoncé à publier le texte qui allait dans ce sens. Il reste donc que la névrose de transfert est présentée dans un contexte où il ne s'agit ni de métapsychologie, ni d'expérience clinique, mais de technique psychanalytique et cela nous retiendra un moment.
                  Certes aujourd'hui le caractère fortement instrumentalisé voire idéologique19 de la technique moderne risque de masquer l'intérêt de ce terme qui provient du grec techné, art. Après Freud, Lacan l'a pourtant repris à son compte pour en situer le domaine : celui de la parole20.
                  Comme l'a définie Aristote21, la techné est intermédiaire entre la science et l'expérience. Elle est plus générale que l'expérience, individuelle avant tout, mais elle n'a pas le degré d'éternité et de nécessité propres à la science, des choses qui ne peuvent être autrement qu'elles ne sont. Elle reste de l'ordre du contingent. La techné concerne le devenir, ce qui change, ce qui peut exister ou pas, sous l'effet d'un facteur extérieur, d'un agent, d'une cause efficiente. Elle fait intervenir les quatre causes dans une pro-duction. Plus que Platon, Aristote oppose à la techné la phusis (nature) où le changement est immanent à un principe de production interne. Elle est une vertu de l'intelligence poétique, créative, réalisant une poeisis, à la différence de l'epistémé, science de l'intelligence théorique.
                  En s'interrogeant sur l'essence de la technique, Heidegger22 a lui aussi mis l'accent sur la notion de pro-duire, poiesis, hervor-bringen, qui fait passer de l'état caché à l'état non caché : la technique est un mode du dévoilement. Heidegger tend à réduire l'écart entre techné et phusis qui, selon lui, aurait été moins grand chez les grecs qu'après l'avénement de la science. La technique moderne mettrait la nature en demeure de livrer une énergie qui puisse comme telle être extraite et accumulée. Elle n'achèverait pas ce que la nature n'a pu mener à bien (comme chez les grecs) mais serait dé-naturante.
                  Si le maniement du transfert s'inscrit bien dans une technique, il n'est pas une science mais un art du contingent, du devenir, du changement. Comme l'art, produit-il quelque chose ? Peut-être est-ce un point sur lequel la psychanalyse se différencie de la médecine. En effet« jamais le supposé "produit" de son art (la santé) ne transformera un malade en médecin - alors que c'est en forgeant des haches que l'on devient forgeron et en pratiquant la peinture que l'on devient artiste.23» De sorte«qu'on ne doit jamais dire que la médecine "produit" la santé, ni que la santé est un "produit": la santé n'est, comme la maladie, qu'un certain état de la phusis, ni plus ni moins.24 » Pourtant on ne se prive pas de le dire et de le penser : il existe un ministère de la santé, pour administrer la santé, des mutuelles qui font des campagnes de publicité en annonçant :«Votre santé n'est pas un commerce », ce qui est un comble pour une publicité !
                  Peut-être la psychanalyse est-elle en mesure de revendiquer légitimement une "production" et par là de justifier l'existence d'une techné. Le recouvrement de la santé est produit par l'intervention du médecin auprès du malade mais le malade ne devient pas médecin pour autant. En psychanalyse, si la cure peut guérir l'analysant (ce qui serait compatible avec l'ordre du développement immanent de la phusis), il se trouve qu'elle peut aussi, indépendemment même du premier résultat, susciter chez l'analysant (le malade) le désir de devenir analyste (médecin), transformer l'analysant en psychanalyste. Dans ce cas, le devenir analyste, plus spécifiquement que la guérison, ressort de la technique, de l'art de l'analyste. Le désir de l'analyste serait donc à poser comme lié à un art de pratiquer l'analyse, de manier le transfert, voire la névrose de transfert et pourrait être envisagé comme une sorte de greffe faite sur la névrose de transfert, s'accompagnant, dans le meilleur des cas - mais pas toujours -, d'une disparition de celle-ci.
                  Significations de la névrose de transfert                   Il est habituel de distinguer deux sens à la névrose de transfert, le premier ayant précédé le second : au sens nosographique une catégorie de névrose (hystérie d'angoisse, hystérie de conversion, névrose obsessionnelle) que Freud distingue des névroses narcissiques au sein des psychonévroses, et par ailleurs la névrose artificielle où s'organisent les manifestations de transfert25. Cette distinction n'est pas absolue. D'abord la chronologie n'est pas si simple. Pour que se concrétise le premier sens, nosographique, il a fallu que le sens second soit déjà repéré. En effet dans« La dynamique du transfert », par exemple, qui date de 1912, soit avant«Le début du traitement » (où apparaît le premier sens) et avant« Se souvenir, répéter et perlaborer » (où apparaît en clair le deuxième sens), Freud écrit :« tous les conflits doivent être portés sur le terrain du transfert », ce qui est donc une façon d'annoncer le deuxième sens, avant même que le premier ne soit fixé.
                  D'autre part, si apparemment les deux sens sont faits pour s'épauler, un examen plus attentif montre qu'en fait ils s'opposent. On peut certes considérer que le sens nosographique n'a de valeur que si on admet le deuxième sens, mais aujourd'hui on a tendance à rejeter comme une apparence le critère d'une absence de transfert dans les névroses narcissiques. La distinction nosographique demeure, mais sur d'autres critères que la présence du transfert, qu'on reconnaît possible dans tous les cas. On admet alors l'existence d'une "névrose" artificielle de transfert, mais celle-ci ne contribue pas à une distinction nosographique de névrose de transfert. Aussi faut-il pouvoir faire la différence entre les réactions de transfert et la névrose de transfert proprement dite. Dans le sens nosographique, une névrose (hystérique, phobique ou obsessionnelle) est susceptible de manifestations de transfert ; dans le deuxième sens c'est le transfert lui-même qui tient lieu de névrose, se substituant à la névrose originelle et n'étant après tout pas forcément hystérique, phobique ou obsessionnel.
                  Ce tiraillement entre les deux sens de névrose de transfert, là où justement on attendrait leur renforcement, est, selon nous à mettre en relation avec la polémique entre Freud et Jung, dans laquelle s'insère l'expression. Comme nous l'avons vu, celle-ci y a été prise dans son sens nosographique et alors que l'enjeu était ailleurs, sur l'exclusivité ou non du facteur sexuel. Selon nous, cette polémique a nui à la mise en valeur de l'originalité de la notion que Freud a découverte à partir de son expérience de la cure et ce d'autant plus que le terme provenait justement de Jung. On peut remarquer que dans« Sur le début du traitement » et« Pour introduire le narcissisme » Freud déplace sur le terme« introversion » ses réserves sur la classification des névroses que propose Jung. Il signale qu'il se rallierait à celle-ci, névrose de transfert et névrose d'introversion, si l'introversion ne perdait alors sa signification véritable (qui est en effet de s'appliquer aux deux). Il aurait pu dire la même chose à propos du transfert et cela aurait évité bien des errements dans la conception psychanalytique des psychoses soi disant inaccessibles au transfert
                  Nous allons essayer d'approcher la valeur hautement originale du deuxième sens de névrose de transfert à travers l'élaboration que Freud en fait.
                  Une névrose artificielle                   Il faut attendre« Se souvenir, répéter et perlaborer » pour que Freud définisse en détail le sens original et nouveau qu'il donne à « névrose de transfert ».
                  Comment analyser et canaliser vers la remémoration ce qui dans la cure se manifeste par un agieren, se répéte au lieu de se remémorer ? Telle est la question que Freud se pose dans ce texte et qui n'a cessé de le - et nous - préoccuper. Le moyen principal, dit-il,« pour mettre un frein à la contrainte de répétition du patient et la recréer en un motif de remémorer, repose dans le maniement du transfert.26» A partir de là se dégagent plusieurs propositions concernant la névrose de transfert.
                  Le transfert est un terrain de jeu où la contrainte de répétition peut se déployer en presque complète liberté« et où il lui est imposé de nous amener tout ce qui s'est dissimulé de pulsions pathogènes dans la vie psychique de l'analysé. »« Le transfert crée ainsi un royaume intermédiaire entre la maladie et la vie, par lequel s'effectue le passage de la première à la dernière. »
                  Tous les symptômes de la maladie prennent une nouvelle signification de transfert (neue Übertragungsbedeutung).
                  La névrose de transfert est une maladie artificielle, qui remplace la névrose ordinaire (gemein)27 et qui est« en tout lieu accessible à nos interventions. Elle est simultanément un fragment d'expérience vécue réelle. »
                  Ces propositions constituent un ensemble cohérent qui définit ce qu'il ne faut pas reculer à appeler une nouvelle forme clinique ayant sa place dans la nosographie. Cette forme clinique est particulière car elle est de l'ordre de l'intermédiaire, du provisoire, de l'artificiel, de la trans-formation mais, à ce titre justement, elle a sa consistance. Il est à notre avis décisif pour la reconnaissance et la transmission de la psychanalyse, en tant que pratique différente d'une quelconque psychothérapie, que Freud ait inventé une nouvelle catégorie clinique, spécifiquement tributaire de la psychanalyse et représentant l'objet sur lequel elle agit et qui l'agit.
                  Dans les textes ultérieurs de Freud, sa conception sur les névroses de transfert variera peu. Tout au plus il note qu'elle ne surviendrait qu'à un point suffisant d'avancée de l'analyse («Au-delà du principe de plaisir », chap III) et que pas tous les conflits pulsionnels sont logés dans le transfert («Analyse finie et infinie »). Quoiqu'il en soit la névrose de transfert reste le terrain de jeu où se déploie la compulsion de répétition débordant la remémoration, au point d'ailleurs que le transfert lui-même peut être considéré comme une sorte de mise en acte de cette répétition.
                  Nous ferons surtout état de la façon dont Freud parle de la névrose de transfert dans L'introduction à la psychanalyse. Elle y est comparée à une partie végétale s'intégrant au tissu de la névrose, ce qui tend donc à rattacher celles-ci à la phusis, la nature. Si la technique analytique est bien comme nous l'avons suggéré précédemment de l'ordre de la techné, de l'art, on peut comprendre qu'elle aura vocation à dévoiler quelque chose de caché dans la nature, à parachever son développement, ou plutôt à détacher quelque chose du cours de la nature, selon le degré de séparation qu'on attribue à la phusis et à la techné.
                  Selon Freud, pendant l'analyse, la névrose continue de croître, elle poursuit son développement comme un être vivant et celui-ci« se précipite en un seul lieu, à savoir dans le rapport avec le médecin. Le transfert est ainsi comparable à la couche de cambium28 entre bois et écorce d'un arbre, de laquelle part la nouvelle formation de tissu et l'accroissement du tronc en épaisseur.29 »La névrose de transfert a bien toujours la caractéristique d'être une formation intermédiaire. Elle est une« névrose mise à neuf et recréée (neugeschaffenen und umgeschaffenen Neurose) qui remplace la première. » L'analyste n'a donc pas accès à la névrose primitive mais à une transformation de celle-ci où il est partie prenante puisqu'elle s'est organisée autour de lui.
                  Cette nouvelle névrose réalise une métaphore, notamment en ceci qu'elle confère aux symptômes primitifs une nouvelle signification en relation au transfert. Par là elle inscrit une référence au langage (condition de la signification) et plus précisément à ce qui y détermine les effets de sens, à l'écriture. Le déchiffrement des lettres du symptôme procédera par déplacements, rajouts, remplacements de celles-ci, toutes opérations dues à l'immixtion dans les mots du symptôme de lettres qui représentent l'analyste. Ces lettres pouvant s'apparenter à celles qui représentent les déterminatifs dans l'écriture hiéroglyphique.
                  Freud va même jusqu'à affirmer que ne subsisteraient comme symptômes dans la cure que ceux qui ont subi le remaniement transférentiel. Autrement dit les autres seraient de faux symptômes, des pseudo symptômes et un vrai symptôme serait par définition une moitié de symptôme appelant son correspondant transférentiel.
                  Vers une métapsychologie des névroses de transfert ?                   Malgré ces fulgurants aperçus, Freud maintient une ambiguité non critique entre les névroses avec transfert et le transfert comme nouvelle névrose :« Le transfert a cette signification extraordinaire, vraiment centrale pour la cure, dans les hystéries, les hystéries d'angoisse et les névroses obsessionnelles qui sont pour cela réunies à juste titre comme "névroses de transfert".30 » Pour que ce« juste titre » soit justifié, encore faudrait-il que soit établi que le transfert comme nouvelle névrose soit une hystérie, une phobie ou une névrose obsessionnelle. Mais peut-être faut-il y entendre une redéfinition de ces trois névroses ? Pour le psychanalyste, ces trois catégories n'auraient-elles de sens que comme nouvelle névrose se substituant à des entités soit innommables, soit autrement nommables ? Même si nous essayons d'explorer cette voie une autre question demeure : qu'en est-il du transfert dans les psychoses ? Est-il névrotique ou psychotique ? Et aussi: dans une névrose le transfert ne peut-il pas être psychotique ? Toutes ces questions montrent au moins qu'on ne saurait en rester à une acception purement nosographique du terme névrose de transfert et qu'il faut prendre au sérieux sa signification de nouvelle névrose artificielle.
                  Dans l'Introduction à la psychanalyse se présente aussi un rebondissement inattendu de la distinction névrose/psychose en fonction du transfert. Parce qu'ils sont supposés ne pas faire de transfert, les déments (précoces, c'est-à-dire les schizophrènes) et les paranoïaques deviennent des« garants » des résultats de la psychanalyse car«ils échappent au soupçon d'avoir subi une influence suggestive» et« leurs traductions de symboles et leurs fantaisies coïncident avec les résultats que nous ont fournis nos recherches sur l'inconscient dans les névroses de transfert et corrobore ainsi l'exactitude objective de nos interprétations si souvent mises en doute.31»
                  Rejetée du champ d'application thérapeutique à cause de l'absence de transfert, la psychose fait retour dans la théorie pour en valider l'objectivité. Au domaine intermédiaire, changeant, contingent de la technique psychanalytique, excluant les psychotiques, correspondrait une théorie où ils feraient autorité. Peut-être cette conséquence de la distinction nosographique avancée par Freud, conséquence non formulée comme telle par lui mais implicite, l'a-t-elle entrainé à écrire, en 1915, ce texte surprenantVue d'ensemble des névroses de transfert32 où, pour traiter des névroses de transfert, il quitte le cadre de la technique et entre dans celui hautement théorique de la métapsychologique. Sans doute Freud s'est-il rendu compte de l'extravagance de ce texte pour justement renoncer à le publier.
                  Au début il se propose d'étudier les facteurs déterminants des trois formes typiques de névrose de transfert : le refoulement, le contre-investissement, la formation substitutive et la formation de symptôme, le rapport avec la fonction sexuelle, la régression et la disposition à la névrose. C'est au sujet de ce dernier facteur que Freud se laisse aller à ce qu'il appelle lui-même un« fantasme scientifique ».« Là où le facteur constitutionnel de la fixation entre en ligne de compte, l'acquisition n'est pas éliminée pour autant », écrit-il en bon lamarckien, et les dispositions héritées sont un vestige de l'acquisition des ancêtres. Il existe une disposition phylogénétique qui s'ajoute à la disposition individuelle ou ontogénétique et il est légitime d'admettre que les névrosés donnent le témoignage de l'histoire du développement psychique de l'être humain. Sur la base de cette hypothèse et en se référant au développement du moi et à celui de la libido, Freud propose des successions ordonnées phylogénétiques qui suivent un cours parallèle à la succession temporelle de l'ordre d'apparition des névroses de transfert que du coup il met en série avec les névroses narcissiques. Cet ordre d'apparition est le suivant : hystérie d'angoisse, hystérie de conversion (à partir de la quatrième année environ), névrose obsessionnelle (pré-puberté), démence précoce (à la puberté), paranoïa (à la maturité), mélancolie-manie.« Les dispositions-fixations correspondant à ces maladies semblent aussi produire une succession ordonnée qui s'exprime toutefois en sens inverse, en particulier si l'on prend en considération les dispositions libidinales. Cela se passerait donc de la façon suivante : plus la névrose apparaît tardivement et plus elle doit régresser à une phase libidinale précoce. Freud cherche à accomplir ce qu'il appelle le« programme prophétique de Ferenczi : "concilier les types de régression avec les étapes de l'histoire phylogénétique de l'humanité"». Les trois premières névroses correspondent au début et à la fin de l'ère glaciaire où l'humanité est devenue universellement anxieuse avec l'irruption de cette période. Puis sont venues les hordes primitives menées par le père, décrites dans Totem et tabou, et la paranoïa correspond à la période du meurtre du père.« Si les dispositions aux trois névroses de transfert ont été acquises dans la lutte contre le dénuement de l'époque glaciaire, alors, les fixations qui sont à la base des névroses narcissiques tirent leur origine de la répression exercée par le père qui prolonge, reprend pour ainsi dire, le rôle de ce dénuement après la fin de l'époque glaciaire.33»
                  Avec cette construction grandiose, Freud esquisse un rapprochement entre la psychanalyse l'anthropologie et les sciences naturelles, et conforte l'unité de la psychologie individuelle et collective. Les névroses de transfert sortent du cadre de la technique où Freud les avait situées, elles accèdent à une dimension métapsychologique et surtout elles ne s'opposent plus, dans une vision simultanée, aux névroses narcissiques, mais sont mises en série avec elles, ce qui représente une tentative de conception unifiée. Dans cette mise en série il ressort que le facteur discriminant entre les névroses et les psychoses n'est plus la présence ou l'absence de transfert mais le marquage du meurtre du père de la horde primitive.
                  Mais Freud n'ayant pas voulu publier ce texte, on peut estimer que sa tentative de donner un statut métapsychologique aux névroses de transfert ne le satisfaisait pas.
                  Qu'en est-il avec Lacan ? Bien qu'il ne s'enferme pas dans l'expression névrose de transfert34 il a fourni suffisamment d'éléments, notamment avec l'invention de la notion de sujet supposé savoir expliquant les phénomènes de transfert, pour que nous puissions donner une orientation à des réponses aux questions que nous nous sommes posées jusqu'à présent. Le sujet supposé savoir fournit un repérage formel équivalent à ce que représentait la métapsychologie pour Freud mais qui donne au transfert une portée théorique mieux articulée qu'elle ne l'était chez lui.



Notes

1. S. Freud, La technique psychanalytique, Paris, PUF, 1967.
2. S. Freud, Etudes sur l'hystérie, Paris, PUF, 1967, p. 244 sq.
3. S. Freud, Cinq psychanalyses, "Dora", trad. M. Bonaparte et R. M. Loewenstein légérement modifiée, Paris, PUF, 1967, p. 86 sq.
4. S. Freud, Ibid.
5. S. Freud, «Considérations actuelles sur la guerre et sur la mort » (1915), Essais de psychanalyse, Paris, Payot, 1981.
6. Cf. B. Lemérer, Les deux Moïse de Freud (1914 - 1939), Ramonville Saint Agne, Eres, 1997.
7. Dans une lettre datée du 3 janvier 1913 Freud déclare à Jung : «Je vous propose donc que nous rompions tout à fait nos relations privées », et celui-ci accepte. Il démissionne de la présidence de l'Association Internationale en avril 1914.
8. K. Abraham, Oeuvres complètes, t. 1, Paris, Payot, 1973, p. 36.
9. Ibid., p. 40-1.
10. Ibid., p. 44-5.
11. C.G. Jung, Conflits de l'âme enfantine, trad. par L. Devos et O. Raesvky, Paris, Ed. Montaigne, 1935.
12. Ibid. p. 17.
13. C.G. Jung, Métamorphoses de l'âme et ses symboles, Genève, Georg éditeur, 1993.
14. Ibid., p. 66. « Wandlungen und Symbole der Libido », 1° partie, Jahrbuch, 3, 1911, p. 136.
15. C.G. Jung, «Wandlungen », op. cit., p. 159-160.
16. C.G. Jung, «Wandlungen », 2° partie, Jahrbuch 4, 1912, p. 175-6.
17. S. Freud, Notes (1911-1914), in Ilse Grubrich-Simitis, Freud : retour aux manuscrits, Paris, PUF, 1997, p. 125
18. S. Freud, Vue d'ensemble des névroses de transfert,, Paris, Gallimard, 1986 et Cahiers La Transa, n°1.
19. J. Habermas, La technique et la science comme "idéologie", Paris, Gallimard, 1973.
20. Cf par ex. J. Lacan, «Fonction et champ de la parole et du langage », Ecrits, Paris, Seuil, 1966, p. 246, 252, 267, 289, 295-6, 306, 307, 312, 315 et p. 85. La technique concerne particulièrement la question du temps avec la scansion de la parole, la suspension de la séance et sa valeur dans la manuvre du transfert.
21. Aristote, Métaphysique, A, 1 et Ethique à Nicomaque, VI, 3,4.
22. M. Heidegger, «La question de la technique », Essais et conférences, Paris, Gallimard, 1958.
23. D. Folscheid et coll., Philosophie, éthique et droit de la médecine, Paris PUF, 1997, p. 117.
24. Ibid., p. 118.
25. J. Laplanche et J.B. Pontalis, Dictionnaire de la psychanalyse, Paris, PUF, 1968.
26. S. Freud, Remémorer, répéter et perlaborer, trad. La Transa, bulletin n°7, avril 1985.
27. On se souvient qu'à la fin des Etudes sur l'hystérie Freud assigne pour but à l'analyse de transformer la détresse hystérique en malheur ordinaire (in gemeines Unglück).
28. Du latin cambiare ou cambire = changer.
29. S. Freud, Introduction à la psychanalyse, "Le transfert", chapitre 27, trad. La Transa, bulletin n°8/9, mars 1986, p. 64.
30. Ibid. p. 66.
31. S. Freud, Introduction à la psychanalyse, Paris, Payot, 1965, p. 431.
32. S. Freud, Vue d'ensemble des névroses de transfert, op. cit. Il s'agit d'un texte retrouvé par Ilse Grubrich-Simitis dans la correspondance avec Ferenczi et représentant le 12° exposé métapsychologique prévu par Freud.
33. Ibid. p. 42.
34. Il l'utilise notamment dans son séminaire L'angoisse, le 12 juin 1963 et il affirme que «l'objet a est le seul objet à proposer à l'analyse du transfert ».


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